Les wulong vieillis

13 août 2008
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Jarres de vieillissement des wulong 

Les wulong vieillis figurent généralement parmi les thés les plus méconnus par les néophytes. Plusieurs personnes découvrant les wulong "frais" peuvent se sentir un peu craintifs de choisir "un vieux thé" lorsque les arrivages du printemps abondent sur notre carte... Et pourtant, c'est simplement quelque chose de presque complètement différent.

De plus en plus rares sur le marché, conservés comme des joyaux inestimables qui viendront qu'à s'épuiser un jour ou l'autre, les crus anciens se transmettent de génération en génération, du père producteur au fils qui le remplacera.  En effet, la demande pour les wulong frais ne cessant d'augmenter (la nouvelle mode, plus "jeune", de boire le thé à Taiwan), cette tradition de conserver et prolonger la vie de lots de wulong se perd malheureusement au point d'inquiéter les amateurs de ces thés surprenants.

La cuisson traditionnelle au charbon, Taiwan 

Probablement nées d'une nécessité à ne pas perdre un thé qui viendrait qu'à s'éventer de ses arômes, les techniques de cuisson des wulong permet de "caraméliser" en quelque sorte et de réveiller un thé ayant été, avec le temps, exposé aux aléas de l'humidité relative et de la chaleur ambiante du pays producteur. Ces cuissons successives conféreront aux feuilles un caractère de plus en plus sucré, moelleux et boisé, les bonifiant ainsi graduellement selon le savoir-faire du producteur, années après années. De plus, certaines personnes affectées par la "verdeur" de certains wulong frais (enfants, personnes âgées ou convalescentes), trouveront ces thés beaucoup plus doux et digestes, la cuisson ayant arrondi leur mordant végétal causant parfois des aigreurs d'estomac chez ces individus.

Pouvant être produits à partir de wulong noirs torréfiés chinois (thés dits "de rocher" provenants des montagnes Wuyi (ex. Shui Hsien, Da Hong Pao, Rou Gui) et de thés de style Dan Cong (ex. Mi Lan Xiang, Huang Zhi Xiang) ou plus oxydés de Taiwan (ex. Bai Hao), on les retrouve aussi souvent élaborés à partir de wulong verts peu oxydés tels que les Bao Zhong, les Tung Ting ou les Gao Shan Cha ("thés de haute montagne"). Les membres de ce dernier groupe, selon la durée de leur vieillissement, pourront à un certain degré avoir conservé une partie de leurs arômes floraux et printaniers lorsqu'encore jeunes pendant que d'autres, plus âgés, seront devenus boisés et plus sombres.

 

Comparaison entre le Pinglin Bao Zhong frais de ce printemps (à gauche)
et le Pinglin Bao Zhong 1981 (à droite)

La palette aromatique des wulong frais est déjà complexe et diversifiée. Avec les wulong vieillis, on peut se permettre de découvrir un monde encore plus riche et sophistiqué, multiplié par les différents facteurs du temps et du travail des artisans pratiquant le savoir-faire ancestral de la culture du thé. Une porte immense s'ouvre à quiconque daigne y frapper...

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