Nouvelle découverte : Pu Er 2019 Yongde Da Shan

16 juillet 2019
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Cette année, le voyage de Jasmin au Yunnan s’est déroulé sous le signe de l’exploration. Plutôt que de consolider les liens avec des producteurs déjà connus, il s’agissait réellement cette fois de se lancer à la découverte de nouveaux territoires, de rencontrer différentes cultures et trouver de nouveaux produits. 

Dans le Yunnan, toute recherche digne de ce nom commence par le Sud, le Xishuangbanna, soit le « triangle d’or » du Pu Er. Pensez Bordeaux en France. Pensez Grands Crus. Si les thés du Xishuangbanna sont exceptionnels, ils sont souvent chers. Et malgré que certains offrent des expériences gustatives rares, dans l’ensemble, ce qu’on y trouve convient difficilement à notre marché. Toutefois, dans un milieu où les prix font grincer des dents, il s’en trouve encore pour promettre de grand crus sans vous vider les poches. C’est ce que nous avons découvert avec M. Lei, le producteur de notre Pu Er 2019 Yibang Man Gong. Pour ceux qui désirent faire l'expérience d'un Pu Er d'exception au sommet de sa fraîcheur, il est encore possible de s’en procurer. Faites vite : les quantités sont extrêmement limitées. 2kg seulement sont mis en vente!

Après le Xishuangbanna, c’est la remontée vers le nord, vers la région de Pu Er, puis de Lincang. Dans ces régions, la production est plus modeste et surtout moins réputée (malgré la présence de grands noms comme Bingdao ou Xigui). L’achalandage est beaucoup moins élevé. Les acheteurs locaux qui envahissent les montagnes du Sud sont rares ici. Malgré une superbe qualité de produits, les prix restent beaucoup plus bas qu’au Xishuangbanna. La région de Yongde spécifiquement est l'une des rares régions productrices au Yunnan qui échappe encore à l’effervescence grandissante du terroir et la montée fulgurante des prix que nous observons depuis quelques années. C’est évidemment là que Jasmin concentre ses efforts.




Son objectif : trouver un jeune Pu Er à prix abordable, produits de vieux théiers pour permettre autant une dégustation immédiate qu'une conservation à long terme. La tâche est rude, les récoltes de vieux théiers se vendent chères, même dans les coins les plus reculés. Ce n’est évidemment pas injustifié : le Yunnan est pratiquement le seul terroir au monde (à quelques minuscules exceptions près) où l’on trouve des jardins d’arbres plusieurs fois centenaires. La rareté s'avère onéreuse. Et si la qualité du matériel brut est pour ainsi dire inégalable, il n’en demeure pas moins que les coûts d’exploitation sont beaucoup plus élevés qu’ailleurs. Les arbres dont les branches ne sont jamais taillées donnent moins de bourgeons au printemps et sont beaucoup plus difficiles d’accès. Il faut souvent des échafauds de bambou pour grimper dans le feuillage et aller saisir les jeunes pousses qui feront la récolte.

Loin d'arrêter Jasmin, la difficulté de la tâche au contraire le motive. Le défrichage de nouveaux terroirs vient toujours avec son lot de surprises. Après plusieurs jours d’exploration, d’innombrables heures de voiture sur les chemins de montagne et des dizaines de rencontres de producteurs, l’étincelle se produit. En visite chez M. Yang Wen Bin, producteur recommandé pour la qualité de son Pu Er shou, Jasmin échantillonne presque par hasard une production de maocha frais. Le goût pique sa curiosité et les questions s’enchaînent d’elles-mêmes. Ce lot, nous dit-on, vient des montagnes avoisinantes appelées Da Shan. Tout est composé de vieux théiers. 70 ans pour être exacts. Pas encore centenaires, mais offrant un excellent rapport qualité-prix.

Ce qu’on lui sert en dégustation est un petit trésor aux arômes denses et chaleureux. Comme avec la plupart des Pu Ers produits à partir de vieux théiers, de puissants tanins dévoilent une à une les notes aromatiques dans une amertume soutenue qui rythme la dégustation. Mais au-delà même de cette intensité, ce qui surprend réellement est l’aspect sucré de la liqueur qui porte jusqu’à l’avant-plan des arômes succulents d’érable et de gaufre. La finale mielleuse et amère à la fois s’étire sans difficulté entre les infusions. Le prix? Extrêmement abordable… de quoi satisfaire aussi bien les consommateurs réguliers que ceux qui désirent bonifier leur collection personnelle.

En guise de conclusion, un petit mot sur la conservation de Pu Ers. Deux procédés chimiques sont impliqués dans le vieillissement du thé : l’oxydation et la fermentation. L’oxydation survient d’elle-même au contact de l’air peu importe où vous rangez votre thé. C’est un procédé normal qu’on ne cherche ni ralentir, ni à accélérer. La fermentation, elle, a besoin d’une intervention bactérienne. Il faut pour ainsi dire entretenir la flore déjà présente à la surface des feuilles. Pour stimuler cette flore bactérienne, il est bon de garder le thé dans un milieu avec une humidité relative élevée (60 à 80%). Un pot en grès dans une armoire avec un bol d’eau à proximité fait très bien l’affaire. Pensez également à placer le tout dans un environnement propre, sans odeurs étrangères qui risquent d'affecter le thé.

Millésimé, ce produit est idéal pour souligner un événement de 2019. La naissance d’un enfant, un mariage, l’achat d’un maison ou n’importe quelle autre date significative à vos yeux. Marquez l’occasion avec du thé!

Bonne dégustation!

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