Rencontre avec Alexandre Kaye, de Satemwa Tea Estate, Malawi

14 avril 2020
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L’un des premiers pays africains à commercialiser sa production dès 1880, le Malawi fait partie aujourd’hui des principaux pays producteurs d’Afrique. Son industrie est constituée d’une majorité de petits artisans qui produisent annuellement plus de 45 000 tonnes de thé. Après le coton, le thé est la principale culture d’exploitation du pays. 

Les premières plantations ont vu le jour en 1878 et se sont étendues progressivement aux régions de Malanje et de Thyolo. On y cultivait alors des théiers provenant de Natal, en Afrique du Sud, mais les conditions climatiques imprévisibles du pays ont fait en sorte que cette variété n’a pas obtenu le succès escompté. Pendant les années 1920, des théiers appartenant à la variété assamica, plus adaptée au climat subtropical du Malawi, ont été importés de l’Inde, où le développement des cultivars était déjà bien avancé.

Aujourd’hui, les zones de production se trouvent essentiellement dans les régions méridionales du pays, aux alentours de Thyolo et de Mulanje (dans les Shire Highlands). Mulanje est la plus importante zone de production du pays. Les thés du Malawi sont encore peu connus. On les utilise généralement dans les mélanges (tea blends). La plupart des plantations appartiennent à des compagnies étrangères, qui exportent leur production principalement en Europe. Les récoltes ont lieu pendant l’été austral (hémisphère Sud), du mois d’octobre au mois d’avril.


Rencontre avec Alexandre Kaye, de Satemwa Tea Estate, Malawi


Quand avez-vous commencé votre carrière dans le monde du thé ?

J’ai toujours baigné dans le monde du thé, mais c’est officiellement en 1997, après avoir complété mes études en horticulture, que j’ai accepté un emploi à Satemwa. Je devais gérer les pépinières, l’irrigation et le programme de replantation.


Est-ce que Satemwa est un grand domaine ?

Il est d’environ 892 hectares et nous y produisons entre 2 100 000 et 2 700 000 kilos de thé, selon les conditions climatiques. Plus de 1200 personnes y travaillent. 


Qui sont vos principaux clients ?

En tant que grands producteurs de thé noir CTC, nous fournissons plusieurs grandes marques mondiales.


Quel est votre rôle principal dans cette entreprise ?

De façon générale, je gère les opérations et je m’efforce de développer l’entreprise. Je goûte les thés deux fois par jour, je rencontre les acheteurs, j’occupe le poste de trésorier, je dépanne et supporte l’équipe lorsque c’est nécessaire.


Quels ont été les changements majeurs que vous avez perçus dans l’industrie du thé depuis vos débuts ?

Je vois aujourd’hui une augmentation importante des petits exploitants, du nombre de certifications nécessaires, ainsi que de la transparence dans la chaîne de transformation. Il y a eu aussi une nette amélioration des normes dans les usines. Et je ne peux pas oublier non plus l’inquiétude croissante que les producteurs vivent à propos des changements climatiques.


Quel est votre thé préféré ?

J’ai été très peu exposé aux thés du monde entier, mais parmi ceux-ci, j’aime les Wulong taiwanais et les Darjeeling first flush. De Satemwa, c’est le Bvumbwe, un thé noir artisanal, que je préfère.


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