Un bon exemple de responsabilité

6 août 2012
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Le thé que nous buvons avec délectation est le produit d'un immense travail nécessitant la participation de plusieurs acteurs. De la cueilleuse au vendeur de thé en passant par le transformateur, il est intéressant de s'attarder aux créateurs de notre boisson favorite. La première escale mettra en scène un des métiers de l'industrie du thé indienne nécessitant beaucoup de sang froid, d'ingéniosité ainsi qu'un talent pour la persuasion. Présentation du rôle d'un gérant de jardin en Inde.

Ce n'est pas une mince tâche que de s'assurer du bon fonctionnement d'une plantation. Celles-ci étant généralement de grande superficie, elles comptent souvent plusieurs milliers d'employés qui se fient au savoir-faire de cet individu ayant été choisi pour veiller à leur bien-être. Il faut savoir qu'une plantation de thé de cette envergure n'est pas un simple lieu de travail et s'apparente bien souvent à un village. Elle possède donc toutes les installations nécessaires à une existence humaine moyenne : habitations, cliniques, écoles et cafétérias. Bien évidement, le bon fonctionnement de toute cette infrastructure repose sur les épaules (plutôt solides) du gérant. On peut presque voir en lui l'équivalent d'un maire de village. Ceci n'est que le début des fonctions de ces hommes hors pair.

Viennent ensuite les considérations agricoles. Le gérant est aussi celui qui doit assurer que la récolte se déroule sans anicroche. C'est pour cette raison que les gérants les plus prisés sont ceux qui ont reçu une éducation supérieure en agronomie. Par contre, ce cursus n'est pas le seul pouvant mener à la gérance d'un jardin de thé. Certains sont des hommes de la région ayant offert de bons et loyaux services sur la plantation de nombreuses années durant, tant et si bien que ceux-ci deviendront apprenti auprès d'un homme d'expérience, puis gérant. Revenons aux considérations de productions. L'horaire quotidien d'un gérant est loin d'être une sinécure, il doit veiller à ce que le jardin de thé soit productif et en santé, garder un œil (et le bon) sur les paramètres de transformation des feuilles et prendre de délicates décisions à long terme par rapport à l'aménagement du jardin.

Le plus difficile avec les décisions à long terme est le caractère nomade de la vie d'un gérant de plantation. N'étant pas propriétaire du jardin, le gérant possède un contrat de travail qui, inévitablement, prendra fin à un moment où à un autre et il passera alors le flambeau à un camarade qui pourra ou bien s'arracher les cheveux en raison des décisions désastreuses de son prédécesseur, ou alors récolter l'abondance générée par une gestion avisée. La durée moyenne de ce type de contrat est de cinq ans.

Le dernier point à aborder concerne l'épée de Damoclès suspendue au dessus de la tête de chaque gérant de plantation. C'est à ce point précis que la capacité de persuasion de ces hommes est mise de l'avant lors de joutes oratoires (et d'influence) avec les grands syndicats des travailleurs du thé. Possédant une grande autorité au sein des jardins, les syndicats s'assurent que les conditions de vie des employés sont respectées soigneusement. Un seul écart et le travail sur le jardin peut se voir entièrement paralysé et ce, jusqu'à ce qu'un accord juste et équitable soit signé. La diplomatie est donc une qualité fortement prisée, voire essentielle, chez ces dirigeants.

Ceci n'était qu'une brève ouverture sur les personnes qui se cachent derrière les lots de feuilles qui font notre bonheur. Des chroniques telles que celle-ci vous feront progressivement découvrir les métiers et les humains qui se cachent derrière vos thés.