Un premier thé coréen!

25 juin 2019
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En 2018, Hugo a décidé de se lance dans l’exploration d’un nouveau terroir : la Corée du Sud. Sans être complètement étranger à notre marché, le thé coréen est peu vendu en Occident. La raison est simple : la production faite à petite échelle et de manière très artisanale convient beaucoup mieux à un marché local qu’à ceux souvent plus volumineux de l’international. Qu’à cela ne tienne, l’effet de rareté et l’attrait de la nouveauté suffisent à propulser Hugo vers les terres cultivées de la péninsule coréenne. En se rendant sur place, Hugo a bon espoir de ramener quelques lots qui sauront plaire aux amateurs de curiosités.

La formule d’exploration établie lors de ses voyages au Japon, à Taiwan et au Vietnam est répétée ici sans trop de difficulté : repérer les différentes régions productrices, contacter les producteurs, visiter les jardins, goûter les thés, etc. À travers ses visites, Hugo a un coup de cœur pour M. Oh à Seoladawon. Il nous raconte à son sujet : « ses jardins sont formidables. Quand nous sommes arrivés sur sa terre avec Manuel, Raphaël (collègues) et Hyeonsu notre traductrice, nous nous sommes tous regardés l’air de dire mon Dieu, qu’est-ce qui se passe ici? Il y régnait une telle harmonie. Chants d’oiseaux, arbres matures plein le jardin, fleurs de magnolia, théiers traités aux petits oignons sans pesticides ou engrais chimiques… tout ça encadré par des parois rocheuses imposantes. »



Il y a vingt ans, M. Oh a acheté cette terre dans un endroit reculé de la région de Hadong où il s’est établi avec sa femme et sa fille. Après plusieurs années en ville, il effectue un retour à la terre en plantant dans son jardin des théiers à partir de graines, comme cela se fait encore beaucoup en Corée. La technique, bien que plus risquée et souvent moins rentable, apporte une diversité et une richesse aux jardins qu’on ne trouve pas dans les plantations de clones bouturés.


Le thé qu’Hugo y déguste est d’une excellente qualité, entièrement cueilli et transformé à la main. « Comme pour certains grands crus chinois, le thé de M. Oh est minutieusement cueilli et transformé de manière manuelle. Pensez au Bi Luo Chun, par exemple. En fait, l’apparence et le goût de son thé se rapprochent beaucoup de ce grand classique chinois. Les feuilles sont frisottées dans de grandes cuves de métal chauffé au gaz. Dans une même étape, elles subissent une dessiccation en plus d’être roulées. Cela demande beaucoup de minutie, de patience et de savoir-faire ».

Malheureusement pour nous, les conditions climatiques sont mauvaises cette année-là. Un gel tardif endommage les théiers et réduit d’environ 30 % la production globale. En quantité moindre, le thé se vend plus cher pour compenser une partie des pertes. Trop cher pour le marché nord-américain. Les récoltes 2018 seront vendues localement. Mais 2019 est plus clémente. Les conditions s’alignent pour produire une superbe récolte avec un volume intéressant. Après dégustation, Hugo opte pour l’achat d’un thé sejak, un terme qui fait référence à la 2e cueillette du printemps, entre le 20 avril et le début du mois de mai. « Même s’il s’agit de la 2e cueillette, on parle toujours de grands crus ». Le résultat est d’une complexité hors pair : nez de parfums sucrés aux odeurs de pois vert, d’algues kombu et de raisin; bouche dominée par les arômes végétaux avec une pointe de noisette et de tourbe; finale légèrement astringente sur les notes marines mêlée de fruits et de fleurs. Un véritable délice pour le corps et l’esprit.

Notre suggestion pour le déguster à la maison : en gaiwan, avec 5 g de feuilles, une eau à 80 °C et un peu de temps devant vous pour en apprécier la générosité. Peu amer, il supporte aisément 30 secondes sur les trois premières infusions. Étirez-le comme bon vous semble par la suite.